Déclin des insectes et vulnérabilité des bourdons
Le déclin des insectes résulte surtout de la destruction des habitats, de l'artificialisation des sols, de l'agriculture intensive, des pesticides, de la pollution lumineuse et du changement climatique. Les paysages deviennent plus homogènes, avec moins de fleurs, d'abris, de sols vivants et de continuités écologiques (Hallmann et al., 2017 ; Sánchez-Bayo & Wyckhuys, 2019).
Les pollinisateurs sont particulièrement touchés car ils dépendent d'une floraison continue, de sites de nidification adaptés et de milieux diversifiés. Les périodes sans fleurs provoquent une véritable « famine florale ».
Les bourdons sont très vulnérables : leur colonie est annuelle et seule la reine fécondée survit à l'hiver. Au printemps, elle doit trouver seule nourriture et site de nidification pour fonder une nouvelle colonie. Prairies fleuries, friches, haies, lisières et cavités au sol leur sont donc indispensables (Goulson et al., 2015).
Beaucoup de bourdons sont en outre des espèces d'affinité boréale ou tempérée fraîche, adaptées à des climats plus froids et humides. Les canicules, sécheresses et hivers de plus en plus doux perturbent leur cycle biologique, réduisent leur activité de butinage et provoquent un recul progressif de certaines espèces vers le nord ou vers des zones plus fraîches (Kerr et al., 2015).
Les tontes fréquentes et la disparition des milieux semi-naturels accentuent encore ces fragilités. Selon l'IPBES, plus de 75 % des cultures alimentaires dépendent au moins partiellement des pollinisateurs, qui contribuent à environ 35 % de la production agricole mondiale ; les pollinisateurs sauvages y jouent un rôle majeur, complémentaire de l'abeille domestique (IPBES, 2016).
Références
- Goulson, D., Nicholls, E., Botías, C. & Rotheray, E.L. (2015). Bee declines driven by combined stress from parasites, pesticides, and lack of flowers. Science, 347(6229), 1255957.
- Hallmann, C.A. et al. (2017). More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE, 12(10), e0185809.
- IPBES (2016). The assessment report on pollinators, pollinating services and food production. Secretariat of the IPBES, Bonn.
- Kerr, J.T. et al. (2015). Climate change impacts on bumblebees converge across continents. Science, 349(6244), 177–180.
- Sánchez-Bayo, F. & Wyckhuys, K.A.G. (2019). Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers. Biological Conservation, 232, 8–27.
L'appel à contributions du GRETIA
Le GRETIA (Groupement d'Étude des Invertébrés Armoricains), via son antenne Pays de la Loire et sous la coordination de Baptiste Hubert, lance un appel à contribution naturaliste afin d'actualiser les connaissances sur les bourdons (Bombus spp.) de la région et préparer la mise à jour de la Liste rouge régionale. L'objectif est de mobiliser entomologistes, naturalistes amateurs et observateurs occasionnels pour densifier le jeu de données régional sur 2025-2026, en privilégiant les espèces les plus discrètes ou en régression et les milieux sous-prospectés (landes, prairies humides, zones arrière-littorales, bocage frais).
Toute observation est utile, qu'elle soit ponctuelle ou issue d'un protocole standardisé : un cliché net du thorax et de l'abdomen, la date, le lieu géolocalisé et, dans la mesure du possible, la plante butinée permettent à l'équipe d'identifier ou de valider l'espèce. Les données peuvent être transmises directement à Baptiste Hubert et au GRETIA, ou versées via les portails naturalistes habituels (iNaturalist, GBIF) à condition de mentionner le projet. Sur les 24 espèces vues depuis l'an 2000 en Bretagne / Pays de la Loire / Normandie, plusieurs sont aujourd'hui rares ou présumées éteintes localement — chaque donnée compte pour affiner les statuts UICN.
Documents de référence
Atelier de formation — 14 février 2026
Le campus Nantes d'IMT Atlantique a accueilli, le samedi 14 février 2026, une trentaine de bénévoles de Bretagne Vivante – SEPNB, de l'Atlas entomologique régional (AER) et du GRETIA pour une journée de travail consacrée aux bourdons, animée par Gilles Mahé et Baptiste Hubert. Méthode de recueil des observations, déontologie de capture et de manipulation, espèces ciblées, clefs d'identification à vue et sous loupe binoculaire : tous les éléments nécessaires aux contributeurs ont été passés en revue puis mis en pratique sur collection de référence.
Voir le détail de la journée dans la chronologie Actions biodiversité — IMT Atlantique (entrée du 14 février 2026).
Ma contribution
Observations transmises au fil de la saison sur le secteur de Nantes Métropole et de l'Erdre, avec une attention particulière aux espèces de prairies humides et de lisières fraîches. Les données sont versées sur iNaturalist et partagées avec l'équipe pilote sur demande.
Voir mes observations de Bombus en Pays de la Loire sur iNaturalist →
Pour appuyer la prospection, j'ai réuni sur une page dédiée l'ensemble des outils cartographiques développés dans le cadre de cette contribution : des atlas de répartition par maille de 5 km — à l'échelle des Pays de la Loire comme en focus Loire-Atlantique — qui croisent l'inventaire historique du GRETIA avec les observations iNaturalist ; et des cartes de prospection ciblée qui indiquent, mois par mois, où rechercher chaque espèce selon sa phénologie et les milieux d'intérêt. Les observations validées par Gilles Mahé ou Baptiste Hubert y sont mises en évidence.
Explorer les atlas et cartes de prospection des bourdons des Pays de la Loire →
© 2026 Frédéric Pallu — CC BY-NC 4.0