Comment les campus s'inscrivent dans la Trame verte et bleue — et la renforcent
Chaque campus est replacé dans son contexte de continuités écologiques (réservoirs de biodiversité et corridors du SRCE / Trame verte et bleue, zonages protégés, trame bleue) dans un rayon de 2 km. La thèse : géré en gestion différenciée, un campus prolonge ces continuités ; géré classiquement (tonte rase, minéralisation), il les couperait.
Sur les trois campus, la gestion différenciée n'est pas un geste cosmétique : elle transforme des hectares de campus en habitat et en relais fonctionnel pour les pollinisateurs, à la marge de réservoirs de biodiversité reconnus, là où une tonte rase créerait un « désert vert ». La contribution est locale (le campus n'est pas un corridor régional), mais mesurable et opposable : données officielles, méthode publiée, scénarios explicites.
C'est concrètement ce que la transformation écologique et sociétale produit et que le seul reporting ne sait pas faire : une contribution au vivant documentée, reproductible et attribuée. Recommandation : maintenir et étendre la gestion différenciée comme politique d'établissement, et non comme expérimentation réversible.
Alignement avec les politiques publiques. Cette gestion met en œuvre, à l'échelle d'un campus, les orientations du Plan national en faveur des pollinisateurs 2021-2026 et de sa déclinaison Pays de la Loire (axes 1 & 3) : pour les espaces verts et grandes emprises foncières — gestion différenciée, fauche tardive, augmentation de la ressource florale ; la tonte rase y est au contraire identifiée comme une cause de mortalité directe des pollinisateurs. Le Plan national mobilise explicitement l'enseignement supérieur et les établissements publics de l'État, et rappelle que les trois quarts des espèces de bourdons seraient menacées sous +3 °C — ce qui relie ce travail au volet îlots de chaleur. En produisant de la donnée naturaliste (iNaturalist, suivis), un campus contribue aussi à l'axe « connaissances » de ces plans.
Périmètre. Trois campus d'IMT Atlantique (Brest, Nantes, Rennes), emprises cadastrales et plan de gestion différenciée. Contexte écologique analysé dans un tampon de 2 km autour de chaque campus.
Continuités. Réservoirs de biodiversité et corridors du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) : SRCE Bretagne (GéoBretagne / OEB) pour Brest et Rennes, SRCE Pays de la Loire pour Nantes. Échelle de validité 1:100 000.
Zonages protégés & trame bleue. ZNIEFF, Natura 2000, Conservatoire du littoral, Parc naturel marin, APB, réserves : Géoplateforme nationale (INPN / patrinat). Espaces naturels sensibles : Conseils départementaux (44, 29, 35). Cours d'eau : SRCE / BD TOPO. Traitement spatial PostGIS, projection Lambert-93.
Lecture. Un campus situé dans un réservoir, ou à faible distance, contribue à la fonctionnalité du réseau si sa matrice est perméable (prairies, haies, boisements, zéro intrant). La position relative aux continuités cartographiées est montrée ; elle n'implique pas que le SRCE désigne le campus lui-même comme corridor (échelle).
Connectivité (bourdons). Connectivité fonctionnelle pour les bourdons (Bombus), portée de butinage ~1 km (Greenleaf et al., 2007 ; Knight et al., 2005). Surface de résistance dérivée d'un indice de ressource florale par classe d'occupation du sol (cadre de pollinisation InVEST — Lonsdorf et al., 2009 ; Koh et al., 2016, PNAS) : R = 1 + 99·(1 − indice), de 1 (optimal) à 100 (barrière). Occupation du sol = BD TOPO (IGN) ; parcelle du campus = plan de gestion différenciée. Coût de déplacement par moindre coût (GRASS r.cost) depuis le cœur du réservoir, résolution 5 m.
| Classe | Indice floral | Résistance |
|---|---|---|
| Prairie / fauche tardive | 0,75 | 26 |
| Haie / lisière | 0,65 | 35 |
| Boisement | 0,35 | 65 |
| Gazon rase (8 tontes/an) | 0,05 | 95 |
| Eau | 0,10 | 90 |
| Bâti / imperméable | 0,02 | 98 |
| Route | 0,01 | 99 |
Scénarios. Gestion différenciée = mosaïque réelle (prairies, haies…) ; classique (contrefactuel explicite) = parcelle entière en gazon rase (R≈95). Le contraste mesure la contribution de la gestion. Résultats : sur les trois campus, la gestion différenciée agit comme relais local pour les pollinisateurs (habitat de butinage favorable + abaissement du coût de déplacement) sans constituer un corridor régional critique. Habitat favorable / zone au coût abaissé, en surface puis en % de la surface du campus : Brest 4,30 ha (18 %) / 18,7 ha (80 %) ; Nantes 2,97 ha (23 %) / 17,6 ha (135 %) ; Rennes 0,67 ha (27 %) / 10,5 ha (430 %). Les pourcentages neutralisent l'effet de taille : les chiffres bruts élevés de Brest reflètent sa superficie (23,3 ha), pas un apport proportionnel plus fort — c'est Rennes, le plus petit campus, qui a la plus forte portée relative.
Limites. Valeurs de résistance paramétrées à dire d'expert dans un cadre publié (faute de résistances empiriques de terrain) ; portée de butinage fixée à ~1 km ; un seul taxon (bourdons) ; fenêtre d'analyse 2 km ; SRCE au 1:100 000 (la position du campus dans/près d'un réservoir est indicative, pas une désignation parcellaire) ; occupation du sol issue de la BD TOPO, sans relevé fin de la ressource florale. Les résultats sont des ordres de grandeur comparatifs (gestion différenciée vs classique), pas des valeurs absolues.