Fin mai 2026, en pleine canicule précoce, un satellite a relevé des écarts de température de 6 à 10 °C entre les zones minéralisées et les espaces végétalisés des campus de Brest, Nantes et Rennes. Toutes les surfaces observées affichaient par ailleurs des températures de 4 à 9 °C supérieures aux moyennes récentes. Le couvert arboré et la gestion différenciée ne sont pas de simples aménagements paysagers : ils constituent une infrastructure de fraîcheur dont l'efficacité se mesure concrètement. Mise à jour : chaque campus dispose désormais d'une seconde scène pour la 3e canicule de l'été — Brest (11 juillet) et Nantes (13 juillet) en plein pic de vigilance rouge, Rennes (4 juillet) juste avant le déclenchement de l'épisode faute de passage satellite exploitable pendant le pic. L'écart bâti/végétation reste du même ordre, mais l'anomalie par rapport à la moyenne récente grimpe fortement à Brest et à Nantes.
Inspiration. Cette page s'inspire directement d'une publication d'Alexandre Pauthonnier (IGN) sur LinkedIn, qui appliquait la même lecture — température radiative de surface par satellite, croisée avec le masque forêt de l'IGN — à l'épisode de chaleur de fin mai 2026 autour de Paris, avec le capteur Sentinel-3. La présente page transpose la démarche aux trois campus d'IMT Atlantique (Brest, Nantes, Rennes), à plus fine résolution (Landsat).
Température radiative de surface (et non température de l'air) issue du satellite Landsat 9, produit Collection 2 Level-2 Surface Temperature (USGS/NASA), accédé via le Microsoft Planetary Computer. Résolution thermique native ≈ 100 m. Heure de passage ≈ 11 h TU, soit ≈ 13 h locale — proche du maximum diurne.
La scène claire la plus proche du pic de canicule pour chaque campus : Brest le 24 mai 2026, Nantes et Rennes le 26 mai 2026 (même passage satellite). Brest est sur une autre bande de passage Landsat : le satellite ne survole pas Brest et Nantes le même jour — d'où l'écart de 48 h, au sein du même épisode caniculaire.
Seconde date par campus (3e canicule de l'été). L'été 2026 a connu un 3e épisode caniculaire, particulièrement long (vigilance orange du 7 au 10 juillet, rouge du 10 au 15 juillet, ~39 °C). Brest n'est pas sur la même bande de passage Landsat que Nantes et Rennes (path 203, contre 201/202) ; chaque campus a donc son propre calendrier de survols, et la meilleure scène disponible diffère d'un site à l'autre :
Pour chaque campus, on empile toutes les scènes Landsat 8 et 9 de la saison chaude (mai-septembre) de 2021 à 2025, on masque les nuages et l'eau pixel par pixel, et on calcule la moyenne par pixel des observations claires (plusieurs dizaines par pixel). L'« écart à 2021-2025 » est la différence entre la température du jour de canicule et cette moyenne.
La comparaison des températures absolues entre villes est biaisée (climat océanique de Brest, dates différentes, météo du jour). L'indicateur robuste est l'écart interne à chaque campus entre surfaces minéralisées et végétalisées : il est mesuré dans la même image, le même instant, et traduit directement l'effet rafraîchissant du végétal.
Nantes (26 mai → 13 juillet, pic à pic) : le pic de surface passe de 52,2 à 58,5 °C (+6,3 °C), et l'anomalie vs 2021-2025 plus que double (+5,3 °C → +12,3 °C). L'écart bâti−végétation reste élevé (9,8 °C → 7,3 °C).
Brest (24 mai → 11 juillet, pic à pic) : le pic de surface passe de 53,9 à 59,7 °C, et l'anomalie grimpe encore plus fort qu'à Nantes (+9,4 °C → +13,7 °C) — la plus forte anomalie des trois campus aux deux dates. L'écart bâti−végétation, en revanche, se resserre (6,9 °C → 4,8 °C) : à Brest, le végétal chauffe presque autant que le bâti en juillet.
Rennes (26 mai → 4 juillet, avant le pic) : hausse beaucoup plus modeste du pic (52,3 → 54,0 °C) et de l'anomalie (+3,8 °C → +5,3 °C), écart bâti−végétation stable (5,9 °C → 5,5 °C). C'est cohérent avec une scène antérieure au déclenchement de la vigilance rouge : Rennes n'a, à ce stade, pas encore connu son pic de juillet dans ces données.
Constat commun : sur les deux campus où l'on compare réellement pic à pic (Brest, Nantes), l'anomalie par rapport à la moyenne récente augmente bien plus que l'écart bâti−végétation ne varie — signe que c'est la sévérité globale de l'épisode qui grimpe (tout le campus chauffe plus), pas l'efficacité relative du végétal qui se dégrade. Le végétal continue de rafraîchir, mais l'ensemble du campus dépasse de plus en plus largement ce qu'on observe habituellement en cette saison.
© 2026 Frédéric Pallu — CC BY-NC 4.0