L'été 2026 en boîtes à moustaches

Brest, Nantes, Rennes · les villes des campus d'IMT Atlantique · 82 étés de mesures

Les propos tenus ici n'engagent que leur auteur et non IMT Atlantique.

Une boîte à moustaches ne montre pas une tendance. Elle montre où tombe une année dans la distribution de toutes les autres. C'est ce qui permet de dire « exceptionnel » sans faire de statistique : soit l'année est dans la boîte, soit elle en sort.

Quatre indicateurs de l'été météorologique — juin, juillet et août — sur les trois villes qui accueillent les campus d'IMT Atlantique. Les trois premiers viennent des stations Météo-France, sur 82 étés (1945-2026). Le quatrième, l'humidité des sols, vient de la réanalyse SIM2 sur 69 étés (1958-2026).

Méthode, sources et limites

Stations Météo-France de Brest-Guipavas, Nantes-Bouguenais et Rennes-Saint-Jacques (1945-2026) ; indice d'humidité des sols SWI de la réanalyse SIM2 sur la maille SAFRAN de 8 km la plus proche (1958-2026). Une valeur par été et par indicateur, boîte à 1,5 écart interquartile.

Cette page s'inspire d'une publication LinkedIn de Vincent Dubreuil (Rennes 2 / LETG) du 31 août 2026 sur l'été 2026 à Rennes. Les données, les calculs et les figures sont refaits indépendamment.

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Ce que 2026 fait aux trois distributions

Sur les trois villes et les trois indicateurs de température, l'été 2026 est une valeur aberrante au sens statistique du terme : il tombe au-delà de la moustache, à plus de 1,5 écart interquartile du corps de la distribution. Ce n'est pas un record de peu — c'est un décrochage.

Médiane sur 82 étés, record antérieur à 2026, puis valeur de 2026. Stations Brest-Guipavas, Nantes-Bouguenais et Rennes-Saint-Jacques.
IndicateurMédianeRecord antérieur2026
Brest — température moyenne de l'été16,0 °C18,1 °C (2022)19,4 °C
Brest — jours à plus de 30 °C07 (2022)16
Brest — nuits tropicales02 (1990)1
Nantes — température moyenne de l'été18,7 °C21,8 °C (2022)23,5 °C
Nantes — jours à plus de 30 °C7,531 (2022)43
Nantes — nuits tropicales18 (2003)17
Rennes — température moyenne de l'été18,1 °C21,1 °C (2003)22,2 °C
Rennes — jours à plus de 30 °C523 (1995)39
Rennes — nuits tropicales04 (1983 et 2003)7

Une seule case échappe à la règle : les nuits tropicales à Brest, où 2026 (1 nuit) reste sous le record de 1990 (2 nuits). Le climat océanique tient encore la nuit — mais plus le jour : 16 jours à plus de 30 °C à Brest, contre une médiane de 0 et un record antérieur de 7. C'est, des trois villes, le décrochage relatif le plus violent.

Brest

Six boîtes à moustaches pour Brest : température moyenne de l'été, jours à plus de 30 °C, nuits tropicales, et indice d'humidité des sols en juin, juillet et août. L'été 2026 est marqué en rouge, hors des moustaches sur les trois indicateurs de température.

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Le panneau des jours à plus de 30 °C est le plus parlant : la boîte est écrasée sur zéro — la moitié des étés brestois depuis 1945 n'ont connu aucun jour à 30 °C. 2026 en a compté 16. La médiane de température estivale, elle, est de 16,0 °C : l'été 2026 à Brest a été plus chaud que la médiane d'un été nantais des années 1950.

Nantes

Six boîtes à moustaches pour Nantes : température moyenne de l'été, jours à plus de 30 °C, nuits tropicales, et indice d'humidité des sols en juin, juillet et août. L'été 2026 est marqué en rouge, hors des moustaches sur les trois indicateurs de température.

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43 jours à plus de 30 °C, soit près d'un jour d'été sur deux, quand la médiane est de 7,5. Et 17 nuits tropicales à la station de Bouguenais — plus du double du record de 2003. La station est périurbaine : le centre-ville, plus chaud la nuit, en a compté davantage.

Rennes

Six boîtes à moustaches pour Rennes : température moyenne de l'été, jours à plus de 30 °C, nuits tropicales, et indice d'humidité des sols en juin, juillet et août. L'été 2026 est marqué en rouge, hors des moustaches sur les trois indicateurs de température.

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39 jours à plus de 30 °C contre une médiane de 5, et 7 nuits tropicales contre 4 au précédent record. Ces trois panneaux sont ceux dont la lecture publique est la plus établie : ils reprennent la figure du climatologue rennais Vincent Dubreuil, dont ce travail est issu — la comparaison est détaillée dans la méthode.

Et le sol ?

Le second rang de chaque figure porte l'indice d'humidité des sols de la réanalyse SIM2, mois par mois. Il est tentant d'y lire l'image en miroir de la température — la chaleur sort par le haut, le sol par le bas. Les données ne disent pas tout à fait cela.

Indice SWI moyen du mois, et rang de 2026 parmi les 69 étés de la réanalyse (rang 1 = le plus sec). Sans dimension.
VilleJuin 2026Juillet 2026Août 2026
Brest0,46 — rang 180,21 — rang 20,12 — rang 3
Nantes0,29 — rang 40,12 — rang 10,08 — rang 1
Rennes0,31 — rang 160,14 — rang 50,08 — rang 2

Le sol de 2026 est au plancher, mais pas hors distribution. Aucune des neuf valeurs ne franchit la moustache basse, alors que les neuf valeurs de température franchissent la moustache haute. Autrement dit : l'été 2026 a été thermiquement inédit, et pédologiquement extrême sans être inédit.

1976 reste la référence. C'est l'été le plus sec des 69 ans à Brest et à Rennes, sur les trois mois. 2026 ne le dépasse qu'à Nantes, où juillet et août 2026 sont les mois les plus secs jamais simulés depuis 1958. La sécheresse de 1976, elle, s'était produite sans la chaleur de 2026 : c'est la conjonction des deux qui est nouvelle.

Cette lecture rejoint, par une méthode entièrement différente, ce que montre le suivi satellite des îlots de chaleur des trois campus : à Nantes et à Rennes, l'écart de fraîcheur entre le bâti et la végétation s'érode au fil de la saison sous l'effet de la sécheresse accumulée, alors qu'il ne bouge pas à Brest. Les deux approches — température de l'air au sol, température de surface vue du satellite — pointent la même chose : le service rendu par la végétation dépend de l'eau qui reste dans le sol.

Méthode, sources et limites

Inspiration

Cette page part d'une publication de Vincent Dubreuil, climatologue à l'université Rennes 2 (laboratoire LETG), parue sur LinkedIn le 31 août 2026 : « L'été 2026 à Rennes en trois boîtes à moustaches ». Il y présente, pour Rennes, la température moyenne de l'été, le nombre de jours à plus de 30 °C et le nombre de nuits tropicales, et montre que 2026 sort de la distribution sur les trois. Le travail présenté ici reprend cette grammaire graphique, l'étend aux trois villes des campus d'IMT Atlantique, et y ajoute un indicateur d'humidité des sols. Les figures, les données et les calculs sont refaits indépendamment : elles ne reproduisent pas les siennes et n'engagent que leur auteur.

Une différence de fond mérite d'être signalée. Pour ses nuits tropicales, Vincent Dubreuil utilise le réseau urbain rennais RUN, en place depuis 2003-2004, qui mesure le centre-ville. Les figures ci-dessus utilisent les stations synoptiques de Météo-France, généralement situées en périphérie, près des aéroports. L'îlot de chaleur urbain fait que le centre-ville compte nettement plus de nuits tropicales que la station : les deux séries ne sont pas interchangeables, et les valeurs de cette page sous-estiment ce que vit un habitant du centre.

Données

Le SWI est une sortie de modèle, pas une mesure : c'est une simulation de l'état hydrique du sol, calée sur des observations météorologiques mais non observée directement.

Conventions de calcul

Trois limites à garder en tête

Reproductibilité

Les figures sont produites par un script qui prend une commune en entrée, résout la station et la maille SAFRAN, télécharge les fichiers Météo-France et rend une page PDF. Les URL des fichiers ne sont jamais codées en dur : elles sont résolues à chaque exécution via l'API de data.gouv.fr, dont les bornes d'années se décalent chaque année.

Les données sources sont sous licence ouverte Etalab (Météo-France / data.gouv.fr). Les figures, textes et analyses de cette page sont l'œuvre de leur auteur.

© 2026 Frédéric Pallu — CC BY-NC 4.0