L'été 2026 au Champ de Manœuvre en boîtes à moustaches

82 étés de mesures · le contexte climatique régional, station de Nantes-Bouguenais

Une boîte à moustaches ne montre pas une tendance. Elle situe une année dans la distribution de toutes les autres : à l'intérieur de l'intervalle interquartile, entre la boîte et les moustaches, ou au-delà des moustaches. C'est une lecture descriptive — pas un test, pas une probabilité, pas une période de retour.

Aucune donnée de cette page n'a été relevée sur le Champ de Manœuvre. Les températures viennent de la station de Nantes-Bouguenais, à 15,5 km au sud et de l'autre côté de la Loire — aucune station de série longue n'existe plus près. L'humidité des sols, elle, est une valeur modélisée sur une maille de 8 km qui couvre le site.

Cette page ne décrit donc pas le site : elle donne le contexte climatique régional de l'été 2026 — à quel point il s'écarte des quatre-vingt-un étés précédents — dans lequel se lisent les travaux consacrés au Champ de Manœuvre cette année-là.

Méthode, sources et limites

Températures : station Météo-France de Nantes-Bouguenais, à 15,5 km du site — la plus proche à disposer d'une série longue. Humidité des sols : indice SWI de la réanalyse SIM2 sur la maille SAFRAN de 8 km 3080/22570, qui couvre le Champ de Manœuvre (2,8 km du centre du site). Une valeur par été et par indicateur, boîte à 1,5 écart interquartile.

Cette page s'inspire d'une publication LinkedIn de Vincent Dubreuil (Rennes 2 / LETG) du 31 août 2026. Les données, les calculs et les figures sont refaits indépendamment.

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L'été 2026 sur le secteur

Six boîtes à moustaches pour le secteur du Champ de Manœuvre : température moyenne de l'été, jours à plus de 30 °C, nuits tropicales, et indice d'humidité des sols en juin, juillet et août. L'été 2026 est marqué en rouge, hors des moustaches sur les trois indicateurs de température.

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Médiane sur 82 étés, record antérieur à 2026, puis valeur de 2026. Station Nantes-Bouguenais.
IndicateurMédianeRecord antérieur2026
Température moyenne de l'été18,7 °C21,8 °C (2022)23,5 °C
Jours à plus de 30 °C7,531 (2022)43
Nuits tropicales18 (2003)17

Les trois indicateurs se placent au-delà de la moustache haute — la borne conventionnelle de Tukey, à 1,5 écart interquartile au-dessus du troisième quartile — et chacun établit un nouveau record. 43 jours à plus de 30 °C, c'est près d'un jour d'été sur deux, quand la médiane des 82 étés est de 7,5. Les 17 nuits tropicales font plus du double du record de 2003.

Ces nuits tropicales sont comptées à Bouguenais, au sud de la Loire et en périphérie de l'agglomération. Le Champ de Manœuvre, en lisière nord de l'urbanisation et encore largement ouvert et boisé, en connaît vraisemblablement moins ; le centre de Nantes, davantage. Le chiffre situe l'ordre de grandeur régional, il ne décrit pas le microclimat du site.

Le sol : deuxième été le plus sec depuis 1958

Indice SWI moyen du mois sur la maille SAFRAN 3080/22570, et rang de 2026 parmi les 69 étés de la réanalyse (rang 1 = le plus sec). Sans dimension.
MoisMédiane2026Rang de 2026Plus sec
Juin0,440,339e sur 681976 — 0,18
Juillet0,330,162e sur 681976 — 0,12
Août0,270,112e sur 691976 — 0,08

Le sol de 2026 est au plancher, mais dans la distribution : aucune des trois valeurs mensuelles ne descend sous la moustache basse, alors que les trois indicateurs thermiques dépassent la moustache haute. L'été a donc été thermiquement inédit et pédologiquement extrême sans être atypique au sens de Tukey.

1976 reste la référence. Sur cette maille, l'été 1976 demeure le plus sec des 69 ans, sur les trois mois. Ce que 2026 apporte de nouveau n'est pas la sécheresse seule — c'est sa conjonction avec une chaleur sans précédent : 1976 n'avait connu ni 43 jours à plus de 30 °C, ni 17 nuits tropicales.

C'est le mécanisme que documente, par une méthode entièrement différente, le suivi satellite des îlots de chaleur du site : au fil de la saison, l'écart de fraîcheur entre le bâti et les sols ouverts se referme, tandis que l'écart avec la canopée tient. Un sol qui se vide n'évapore plus, et cesse donc de rafraîchir ; les arbres, qui puisent plus profond, tiennent plus longtemps. Les deux jeux de données ne se recouvrent pas — l'un est une température de surface vue du satellite, l'autre un état hydrique modélisé — mais ils pointent la même dépendance : le service de rafraîchissement rendu par la végétation est indexé sur l'eau qui reste dans le sol.