Quatre fois entre mai et août 2026, un satellite a pris la température de la surface du sol au-dessus du Champ de Manœuvre. À chaque passage, la même hiérarchie : les surfaces minérales du secteur montent à 52 comme à 62 °C selon les jours, et les boisements restent en moyenne 7 à 9 °C sous le bâti. Mise à jour du 22 août 2026 : la carte s'ouvre désormais sur le 14 août, jour du pic de chaleur en Loire-Atlantique (Vigilance orange canicule de Météo-France depuis le 11 août, près de 39 °C dans l'air à Nantes). Les sols ouverts — prairies, friches — y sont à moins de 1 °C du bâti : seule la canopée forestière fait encore réellement baisser la température.
Inspiration. Cette page s'inspire directement d'une publication d'Alexandre Pauthonnier (IGN) sur LinkedIn, qui appliquait la même lecture — température radiative de surface par satellite, croisée avec le masque forêt de l'IGN — à l'épisode de chaleur de fin mai 2026 autour de Paris, avec le capteur Sentinel-3. La présente page transpose la démarche au Champ de Manœuvre, à plus fine résolution (Landsat).
Ce que montre la carte. La couche colorée est la température de surface (Land Surface Temperature) mesurée par les satellites Landsat 8 et 9 lors de quatre journées de forte chaleur de 2026 : le 26 mai à 10 h 52 TU, le 13 juillet, le 6 août et le 14 août, tous trois à 10 h 53 TU (≈ 12 h 52-53 en heure locale). C'est la chaleur émise par les toits, les routes, les sols et la végétation — captée dans l'infrarouge thermique — et non la température de l'air sous abri.
Ce que cette page ne dit pas. Qualifier un épisode de canicule ou de vague de chaleur relève de Météo-France, et repose sur des seuils de température de l'air par département, pas sur la température de surface mesurée ici. Cette page mesure des surfaces ; elle reprend, sans les établir elle-même, les qualifications officielles suivantes : 21-30 mai, « épisode de chaleur précoce » — pas une vague de chaleur du catalogue national, mais la première Vigilance canicule jamais déclenchée un mois de mai (jaune le 24, orange le 26) ; 17-30 juin, 52e vague de chaleur, la plus sévère de l'été, jusqu'à 72 départements en Vigilance rouge, dans le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France (22,7 °C de moyenne, +3,8 °C), le 24 juin étant la journée la plus chaude jamais enregistrée en France métropolitaine ; 4-19 juillet, 53e vague, apogée du 10 au 12 juillet, 37 départements en Vigilance rouge, la Loire-Atlantique étant en Vigilance canicule (communiqués préfectoraux des 9 et 10 juillet) ; à partir du 28 juillet, 54e vague, prolongée en août, avec la Loire-Atlantique en Vigilance orange canicule à partir du 11 août 12 h, un pic les 13-14 août et près de 39 °C dans l'air à Nantes.
Pourquoi ces dates. Landsat ne survole le site que tous les 8 jours, et il faut un ciel dégagé. Sur les 13 passages entre le 1er mai et le 20 août, le nuage a été recalculé sur la seule emprise du site, pas sur la scène entière : sept passages sont exploitables (26 mai ; 5, 13, 21 et 29 juillet ; 6 et 14 août), les six autres sont bouchés. Ce recalcul est indispensable : le 13 juillet, la scène entière affiche 35,2 % de nuages, mais 0,4 % seulement au-dessus du Champ de Manœuvre — les nuages étaient ailleurs sur l'image. Les quatre dates cartographiées ici sont le 26 mai, le 13 juillet (le plus chaud de l'été en surface), le 6 août (avant la Vigilance) et le 14 août, la scène la plus propre de la série : 0,0 % de nuage sur l'emprise. L'épisode de juin — le plus sévère — n'a aucun passage exploitable : 3 juin et 11 juin entièrement bouchés, 27 juin à 86,4 % de nuage sur l'emprise. C'est une lacune réelle de la série, à garder en tête.
Pourquoi Landsat (et pas Sentinel-3). Le capteur Sentinel-3 SLSTR popularisé pour les cartes de canicule a une résolution de 1 km : trop grossière pour un site de quelques centaines d'hectares (3 à 5 pixels seulement). Landsat fournit une température de surface à ~100 m de résolution (rééchantillonnée à 30 m), seule échelle qui rende lisible le contraste bâti / boisement à l'intérieur du Champ de Manœuvre.
Croisement. Chaque pixel a été classé en trois catégories à partir de référentiels IGN : bâti (empreinte des bâtiments, BD TOPO), forêts & bois (masque forêt IGN 2021-2023), et sols ouverts non bâtis (le reste : prairies, friches, cultures, eau). On compare ensuite la température moyenne de chaque catégorie sur l'emprise du Champ de Manœuvre, sur les couronnes périphériques et sur l'ensemble de la fenêtre — pour toutes les dates, avec le même référentiel bâti/forêt. Les plans d'eau ont été localisés séparément (masque « eau » du contrôle qualité Landsat) pour vérifier qu'ils ne faussent pas les moyennes : sur l'emprise du Champ de Manœuvre, aucun pixel d'eau, et aucun sur les classes bâti et forêt de la fenêtre entière.
Résultat. Sur l'emprise du CdM, en bâti / sols ouverts / forêts, puis l'écart bâti−forêt : 26 mai 43,7 / 41,9 / 35,0 °C → +8,7 °C ; 13 juillet 49,1 / 48,1 / 41,0 °C → +8,1 °C ; 6 août 38,4 / 37,2 / 30,2 °C → +8,2 °C ; 14 août 45,7 / 44,8 / 39,1 °C → +6,6 °C. Les trois scènes non cartographiées complètent la série : 5 juillet +9,4 °C, 21 juillet +6,9 °C, 29 juillet +7,5 °C. La forêt est donc la classe la plus fraîche sur les sept scènes, dans une fourchette de +6,6 à +9,4 °C, sans tendance saisonnière nette : l'écart dépend d'abord des conditions du jour. L'écart bâti−sols ouverts, lui, passe de 1,8 °C en mai à 0,8-1,2 °C sur toutes les scènes de juillet et août : prairies et friches perdent leur avance dès l'installation de la sécheresse, alors que la canopée conserve l'essentiel de son effet. Maxima ponctuels sur surfaces minérales de la fenêtre : ~60 °C le 26 mai, ~62 °C le 13 juillet, ~52 °C le 6 août, ~56 °C le 14 août.
Limites. (1) La température de surface n'est pas la température de l'air, mais elle en est un bon proxy spatial pour localiser îlots de chaleur et de fraîcheur. (2) Une image = un instant ; sept instants ne font pas une série continue, et deux dates de la série (21 juillet, 6 août) correspondent à des matinées nettement moins chaudes que les autres — d'où l'importance de raisonner sur l'écart entre classes plutôt que sur les valeurs absolues. (3) La lacune de juin, l'épisode le plus sévère, est imposée par la couverture nuageuse : la série ne couvre pas le pire de l'été. (4) Le masque forêt (millésime 2021-2023) et le bâti (BD TOPO) peuvent légèrement différer de l'état exact de 2026, et sont supposés inchangés entre les dates. (5) Au sein du bâti, toits clairs et matériaux modulent la valeur ; on raisonne ici en moyennes de classe. (6) L'échelle de couleurs est commune aux quatre dates (28 à 58 °C) pour permettre la comparaison visuelle : les rares pixels sous 28 °C, présents surtout le 6 août, sont donc affichés dans la même teinte que 28 °C.
Sources. Température de surface : Landsat Collection 2 Level-2 (bande Surface Temperature), © USGS / NASA, via Microsoft Planetary Computer. Bâti, masque forêt, orthophotos et fonds : © IGN, Géoplateforme (data.geopf.fr), licence ouverte Etalab 2.0. Périmètre du Champ de Manœuvre : emprise iNaturalist (place 224907). Traitement : Pallu F. (Python / rasterio).