Le 26 mai 2026, en pleine canicule précoce, un satellite a pris la température de la surface du sol au-dessus du Champ de Manœuvre. Le bâti grimpe au-delà de 55 °C ; les boisements restent autour de 35 °C. Près de 9 °C d'écart — un argument concret pour garder les espaces de fraîcheur plutôt que de les bâtir.
Inspiration. Cette page s'inspire directement d'une publication d'Alexandre Pauthonnier (IGN) sur LinkedIn, qui appliquait la même lecture — température radiative de surface par satellite, croisée avec le masque forêt de l'IGN — à l'épisode de chaleur de fin mai 2026 autour de Paris, avec le capteur Sentinel-3. La présente page transpose la démarche au Champ de Manœuvre, à plus fine résolution (Landsat).
Ce que montre la carte. La couche colorée est la température de surface (Land Surface Temperature) mesurée par le satellite Landsat 9 le 26 mai 2026 à 10 h 52 TU (≈ 12 h 52 heure locale), au cœur de l'épisode de chaleur précoce qui a touché la France fin mai 2026. C'est la chaleur émise par les toits, les routes, les sols et la végétation — captée dans l'infrarouge thermique — et non la température de l'air sous abri.
Pourquoi cette date. Sur la fenêtre de l'épisode (≈ 25 mai → 1er juin 2026), c'est le seul passage satellite haute résolution quasi dégagé de nuages (0,3 % de couverture nuageuse) au-dessus de Nantes : les passages des 18 mai et 3 juin étaient totalement bouchés. Une scène propre au pic de chaleur est plus fiable qu'une moyenne contaminée par les nuages.
Pourquoi Landsat (et pas Sentinel-3). Le capteur Sentinel-3 SLSTR popularisé pour les cartes de canicule a une résolution de 1 km : trop grossière pour un site de quelques centaines d'hectares (3 à 5 pixels seulement). Landsat fournit une température de surface à ~100 m de résolution (rééchantillonnée à 30 m), seule échelle qui rende lisible le contraste bâti / boisement à l'intérieur du Champ de Manœuvre.
Croisement. Chaque pixel a été classé en trois catégories à partir de référentiels IGN : bâti (empreinte des bâtiments, BD TOPO), forêts & bois (masque forêt IGN 2021-2023), et sols ouverts non bâtis (le reste : prairies, friches, cultures, eau). On compare ensuite la température moyenne de chaque catégorie sur l'emprise du Champ de Manœuvre, sur les couronnes périphériques et sur l'ensemble de la fenêtre.
Résultat. Sur l'emprise du CdM : bâti 43,7 °C, sols ouverts 41,9 °C, forêts 35,0 °C — soit +8,7 °C entre bâti et forêt. L'écart est du même ordre (~9 °C) sur toute la fenêtre d'étude et jusqu'à la couronne des 1-2 km, et certaines surfaces minérales atteignent ~60 °C.
Limites. (1) La température de surface n'est pas la température de l'air, mais elle en est un bon proxy spatial pour localiser îlots de chaleur et de fraîcheur. (2) Une image = un instant ; l'écart bâti/végétation, lui, est très robuste d'une scène à l'autre. (3) Le masque forêt (millésime 2021-2023) et le bâti (BD TOPO) peuvent légèrement différer de l'état exact de mai 2026. (4) Au sein du bâti, toits clairs et matériaux modulent la valeur ; on raisonne ici en moyennes de classe.
Sources. Température de surface : Landsat Collection 2 Level-2 (bande Surface Temperature), © USGS / NASA, via Microsoft Planetary Computer. Bâti, masque forêt, orthophotos et fonds : © IGN, Géoplateforme (data.geopf.fr), licence ouverte Etalab 2.0. Périmètre du Champ de Manœuvre : emprise iNaturalist (place 224907). Traitement : Pallu F. (Python / rasterio).