Le 26 mai 2026, en pleine canicule précoce, un satellite a pris la température de la surface du sol au-dessus du Champ de Manœuvre. Le bâti grimpe au-delà de 55 °C ; les boisements restent autour de 35 °C. Près de 9 °C d'écart — un argument concret pour garder les espaces de fraîcheur plutôt que de les bâtir. Mise à jour : le pic de la 3e canicule de l'été (13 juillet 2026, vigilance rouge) est désormais cartographié — l'écart bâti/forêt se maintient, mais les sols ouverts (prairies, friches) ont presque rejoint la température du bâti, signe d'un assèchement qui leur fait perdre leur pouvoir rafraîchissant.
Inspiration. Cette page s'inspire directement d'une publication d'Alexandre Pauthonnier (IGN) sur LinkedIn, qui appliquait la même lecture — température radiative de surface par satellite, croisée avec le masque forêt de l'IGN — à l'épisode de chaleur de fin mai 2026 autour de Paris, avec le capteur Sentinel-3. La présente page transpose la démarche au Champ de Manœuvre, à plus fine résolution (Landsat).
Ce que montre la carte. La couche colorée est la température de surface (Land Surface Temperature) mesurée par le satellite Landsat 9, au cœur de deux épisodes de chaleur qui ont touché la France en 2026 : le 26 mai à 10 h 52 TU (≈ 12 h 52 locale, canicule précoce) et le 13 juillet à 10 h 53 TU (≈ 12 h 53 locale, pic de la 3e canicule de l'été, en vigilance rouge). C'est la chaleur émise par les toits, les routes, les sols et la végétation — captée dans l'infrarouge thermique — et non la température de l'air sous abri.
Pourquoi ces dates. Le 26 mai est le seul passage satellite haute résolution quasi dégagé de nuages (0,3 % de couverture nuageuse) au-dessus de Nantes sur la fenêtre de l'épisode : les passages des 18 mai et 3 juin étaient totalement bouchés. Pour le 13 juillet, le taux de nuages affiché pour la scène entière (37,5 %) est trompeur : vérifié précisément sur l'emprise du Champ de Manœuvre, il tombe à 0,4 % — les nuages de cette scène étaient ailleurs sur l'image. L'épisode de juin 2026 (mi-juin), lui, n'a aucun passage exploitable et reste non cartographié.
Pourquoi Landsat (et pas Sentinel-3). Le capteur Sentinel-3 SLSTR popularisé pour les cartes de canicule a une résolution de 1 km : trop grossière pour un site de quelques centaines d'hectares (3 à 5 pixels seulement). Landsat fournit une température de surface à ~100 m de résolution (rééchantillonnée à 30 m), seule échelle qui rende lisible le contraste bâti / boisement à l'intérieur du Champ de Manœuvre.
Croisement. Chaque pixel a été classé en trois catégories à partir de référentiels IGN : bâti (empreinte des bâtiments, BD TOPO), forêts & bois (masque forêt IGN 2021-2023), et sols ouverts non bâtis (le reste : prairies, friches, cultures, eau). On compare ensuite la température moyenne de chaque catégorie sur l'emprise du Champ de Manœuvre, sur les couronnes périphériques et sur l'ensemble de la fenêtre — pour les deux dates, avec le même référentiel bâti/forêt.
Résultat. Sur l'emprise du CdM : le 26 mai, bâti 43,7 °C / sols ouverts 41,9 °C / forêts 35,0 °C (écart bâti−forêt +8,7 °C) ; le 13 juillet, bâti 49,1 °C / sols ouverts 48,1 °C / forêts 41,0 °C (écart bâti−forêt +8,1 °C). L'écart bâti/forêt est donc stable d'un épisode à l'autre, mais l'écart bâti/sols ouverts se réduit fortement (−1,8 °C en mai → −1,0 °C en juillet) : après plusieurs semaines de sécheresse cumulée, les sols ouverts non boisés (prairies, friches) chauffent presque autant que le bâti — seule la canopée forestière conserve pleinement son effet rafraîchissant. Sur l'ensemble de la fenêtre d'étude, les maxima ponctuels sur surfaces minérales atteignent ~60 °C en mai et ~62 °C en juillet.
Limites. (1) La température de surface n'est pas la température de l'air, mais elle en est un bon proxy spatial pour localiser îlots de chaleur et de fraîcheur. (2) Une image = un instant ; l'écart bâti/forêt, lui, s'avère robuste d'une scène à l'autre — la comparaison mai/juillet reste néanmoins basée sur deux instants, pas une série continue. (3) Le masque forêt (millésime 2021-2023) et le bâti (BD TOPO) peuvent légèrement différer de l'état exact de 2026, et sont supposés inchangés entre les deux dates. (4) Au sein du bâti, toits clairs et matériaux modulent la valeur ; on raisonne ici en moyennes de classe.
Sources. Température de surface : Landsat Collection 2 Level-2 (bande Surface Temperature), © USGS / NASA, via Microsoft Planetary Computer. Bâti, masque forêt, orthophotos et fonds : © IGN, Géoplateforme (data.geopf.fr), licence ouverte Etalab 2.0. Périmètre du Champ de Manœuvre : emprise iNaturalist (place 224907). Traitement : Pallu F. (Python / rasterio).