Marcilly-la-Campagne (Eure) — sous-sol & eaux souterraines

Démonstration cartographique : imagerie satellite hybride, carte géologique BRGM au 1/50 000 et sensibilité aux remontées de nappes phréatiques, superposées sur la commune de Marcilly-la-Campagne (27320, Eure). Chaque couche s'active et se désactive indépendamment.

Affichage optimisé pour ordinateur. Cette page interactive (carte, panneau de couches) est plus confortable sur grand écran que sur smartphone.

Empilement géologique

Marcilly-la-Campagne se trouve sur un plateau crayeux du Crétacé supérieur (Bassin de Paris, terminaison nord du plateau de Saint-André-de-l'Eure), entièrement masqué en surface par une couverture d'altération quaternaire (formation à silex, biefs, limons éoliens) de quelques mètres à environ 20 m d'épaisseur, avec par endroits des poches tertiaires résiduelles piégées dans le karst de la craie. La craie elle-même n'affleure pas sur la commune : elle n'apparaît qu'aux versants raides de la vallée de l'Eure, à l'est.

De la surface vers le sous-sol

Ce que l'on traverseÉpaisseur localeNature
Limons des plateaux (lœss)quelques dm à 1–2 mlimon éolien décarbonaté
Biefs et limons à silexquelques dm à > 1 msilex fragmentés ; « grisons » (cailloutis cimentés par le fer) responsables du mauvais drainage des dépressions du plateau
Formation à silex (« argile à silex »)3–4 m à ~20 m, très irrégulièresilex dans une matrice argileuse issue de la décarbonatation de la craie ; poches sableuses tertiaires possibles (3 à 12 m) là où elles subsistent
Craie sénonienne (substratum)30 à 60 m selon l'unitécraie blanche à silex, Crétacé supérieur — ne remonte pas jusqu'à la surface ici

Sous la craie (d'après un forage situé à ~20 km, hors commune, dans le même dispositif structural) : Albien argilo-sableux, environ 750 m de Jurassique, Permo-Trias, puis un socle de schistes paléozoïques vers −1 000 m — hors échelle de cette carte, cité pour le cadre régional.

Ce que la carte documente sur la commune même

Conséquences pour les sols, l'eau et la végétation

La notice associe ces formations de surface décarbonatées à des groupements calcifuges aboutissant à la chênaie sessiliflore (Quercus petraea) — les cortèges calcicoles restent réservés aux affleurements crayeux des versants de vallée. Les « grisons » sont explicitement désignés comme responsables du mauvais drainage des dépressions de plateau : c'est le mécanisme classique des mares de plateau perchées sur argile à silex, un habitat potentiel pour les amphibiens — à vérifier sur le terrain.

Incertitude assumée. L'étage crayeux exact sous la commune (Santonien probable, ± Coniacien supérieur) est une hypothèse de position dans le pli monoclinal régional, pas une lecture directe de la carte : la notice ne cartographie pas la craie sous couverture à cet endroit précis. De même, l'épaisseur de couverture (3 à 20 m) est une fourchette de feuille, pas une mesure locale.

Source : carte géologique BRGM au 1/50 000, feuille n°180 — Saint-André-de-l'Eure (levers 1974-75), notice de G. Kuntz, Y. Dewolf, R. Wyns, C. Monciardini et C. Cavelier — notice complète (PDF, InfoTerre).

Aquifères superposés

Sous Marcilly-la-Campagne, un seul aquifère compte vraiment : la nappe libre de la craie du Séno-Turonien (masse d'eau FRHG211, entité BDLISA 121AS01). Elle est coiffée par la couverture argilo-siliceuse décrite plus haut, qui génère des nappes perchées saisonnières indépendantes, et repose sur les marnes du Cénomanien inférieur. En profondeur, isolé par les argiles du Gault, un aquifère captif (Albien-Néocomien, FRHG218) n'est pas exploité localement.

De haut en bas

NiveauNatureUsage
Nappes perchées temporairesdans la couverture superficielle (limons, argile à silex) ; saisonnières, liées aux « grisons » — mêmes niveaux que ceux décrits dans l'empilement géologique ci-dessusaucun ; historiquement mares et citernes
Lentilles de sables stampienspiégées en poches karstiques, très faible extensionaucun ; anciennes sablières
Nappe de la craie (Séno-Turonien)libre, double porosité (matricielle + fissures/karst) — l'aquifère utileressource AEP du secteur
Albien-Néocomien captifprofond (plusieurs centaines de mètres), isolé par le Gaultressource patrimoniale, non sollicitée ici
Jurassique / Trias / socletrès profonds (> 700 m), séparés par d'épaisses séries argileusesaucun

Position et état de la nappe de la craie

La notice BRGM situe la ligne de partage des eaux entre les bassins de l'Eure et de l'Iton entre Saint-André-de-l'Eure et Boissy-sous-Damville — un axe entre lequel Marcilly-la-Campagne se trouve pratiquement à mi-chemin. Une nappe proche d'une telle crête piézométrique est typiquement plus inerte (zone non saturée épaisse, réaction lente aux pluies, écoulements divergents de part et d'autre) qu'ailleurs sur le plateau — une déduction de position topographique, pas une mesure locale.

État connu à l'échelle de la masse d'eau FRHG211 (étude d'impact RN13) : quantitatif bon depuis 2015, mais chimique mauvais — pollution industrielle aux organo-halogénés volatils (OHV) et agricole aux nitrates, avec un objectif de bon état reporté à 2027. Le secteur est classé zone vulnérable aux nitrates.

Profondeurs estimées (reconstruction, pas une mesure)

Aucun forage profond n'existe sur la commune : les profondeurs ci-dessous sont reconstruites à partir de quatre points d'ancrage de la notice BRGM (sondages électriques régionaux, sondage de Saint-André-de-l'Eure à 9 km, forage pétrolier Prey 1 à 17 km, et une correction due au relèvement monoclinal des couches vers l'ouest), pour une altitude de référence du bourg de +145 m NGF.

RepèreProfondeur sous le solMarge d'erreur
Toit de la craie (fin de couverture)~12 mfourchette de feuille (5–20 m)
Surface de la nappe libre de la craie~15 à 40 m, ordre de grandeur central 25–30 mencadrement topographique, pas une mesure — écart possible ±15 m
Mur de l'aquifère craie (marnes du Cénomanien)~170 m±20 à 30 m (les deux forages réels donnent 178 m et 195 m)
Toit de l'aquifère captif Albien-Néocomien (FRHG218)~188 mfacteur ~2 selon la source retenue pour l'épaisseur de l'Albien
Socle (schistes paléozoïques)~1 000 m±100 m environ, par cumul des incertitudes

Méthode d'encadrement de la nappe : la cote piézométrique doit se situer au-dessus du niveau de base le plus proche et le plus bas (l'Avre à Nonancourt, +97 à +100 m NGF, 6,4 km au sud), rehaussée par l'effet de dôme piézométrique sous plateau — d'où l'estimation +105 à +130 m NGF retenue ci-dessus.

Ce qui compte pour un usage naturaliste ou d'aménagement

Incertitude assumée. Aucun forage ni mesure piézométrique n'existe sur la commune elle-même : les profondeurs ci-dessus sont une reconstruction par extrapolation de deux forages situés à 9 et 17 km, via une correction structurale non quantifiée précisément — pas des valeurs mesurées localement. L'attribution des masses d'eau (FRHG211/FRHG218) a été vérifiée sur des communes voisines, pas sur la fiche de Marcilly elle-même. L'origine exacte de l'eau potable distribuée (quel captage, quelle nappe) n'est pas établie par les sources consultées.

Sources : notice de la carte géologique BRGM feuille 180 — Saint-André-de-l'Eure ; SIGES Seine-Normandie (BRGM/AESN) ; ADES ; étude d'impact RN13 (Région Normandie), partie eaux superficielles et souterraines.