Le temps long d'abord : une photo aérienne de 1950 comparée à aujourd'hui — car l'essentiel de la transformation du site est antérieur aux satellites, et aucun indice de végétation ne peut la montrer. Puis le détail récent : de 2018 à 2025, la vigueur de la végétation mesurée chaque été par satellite (indice NDVI, Sentinel-2), qui révèle le grignotage final — près de 4,6 hectares passés du végétal au minéral en sept ans.
Ce que montre la carte. Pour chaque année de 2018 à 2025, on calcule l'indice de végétation NDVI (Normalized Difference Vegetation Index) à partir des images du satellite Sentinel-2 (Copernicus / ESA), à 10 m de résolution. Le NDVI mesure la vigueur de la végétation : proche de 0 sur un sol nu ou minéral, proche de 0,8-0,9 sur un boisement dense.
Composite d'été. Une seule image peut être nuageuse, ou tomber juste après une fauche. On prend donc, pour chaque année, la médiane de toutes les images de la saison de végétation (juin à septembre, en général 25 à 45 images par an), après masquage des nuages et de leurs ombres via la bande de classification SCL. La médiane gomme nuages résiduels et événements ponctuels, et donne un NDVI estival représentatif.
Détection de changement. Trois lectures : (1) le NDVI année par année ; (2) le ΔNDVI, différence entre la moyenne 2024-2025 et la moyenne 2018-2019 — on moyenne deux ans à chaque extrémité pour ne pas confondre une vraie évolution avec une année sèche isolée ; (3) la bascule végétalisé → minéral, qui isole les pixels nettement végétalisés au départ (NDVI > 0,40) devenus nettement minéraux à l'arrivée (NDVI < 0,20). C'est l'indicateur d'artificialisation le plus fiable car insensible aux variations climatiques d'une année.
Résultat. Sur les 113 ha suivis : 4,6 ha de bascule végétalisé → minéral, contre seulement 0,1 ha en sens inverse, et 12,7 ha de baisse marquée du NDVI. Les pertes ne sont pas dispersées au hasard : elles forment des taches compactes, signature d'un changement réel d'occupation du sol et non du bruit de mesure.
Le piège corrigé. Depuis janvier 2022, Sentinel-2 applique un décalage de +1000 sur les valeurs de réflectance. Sans le retrancher, le NDVI des années récentes ne serait pas comparable à celui des plus anciennes : c'est l'erreur classique des séries pluriannuelles. La correction est appliquée image par image selon la version de traitement (baseline).
Limites. (1) Une partie des pertes peut relever de pratiques agricoles (labour, sol nu en fin de saison) ; afficher la photo aérienne sous la couche « bascule » permet de distinguer un chantier d'une parcelle cultivée. (2) Le NDVI sature sur la végétation très dense : il distingue mal une vieille forêt d'un jeune boisement. (3) Le masque forêt (millésime IGN 2021-2023) et le périmètre peuvent légèrement différer de l'état exact d'une année donnée. (4) Sentinel-2 commence en 2017 ; on démarre en 2018, premier été à archive complète et stable.
Sources. Images : Copernicus Sentinel-2 L2A, © ESA, via Microsoft Planetary Computer. Masque forêt et fonds : © IGN, Géoplateforme (data.geopf.fr), licence ouverte Etalab 2.0. Périmètre du Champ de Manœuvre : emprise iNaturalist (place 224907). Traitement : Pallu F. (Python / rasterio, médiane saisonnière sur la tuile Sentinel-2 30TXT).